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Mesurer le bruit et la dynamique
de son appareil numérique
(2 février 2011)

Les méthodes sérieuses pour faire ce genre de mesure sontdécrites dans le site Imatest. Le plus simple est dephotographier une diapositive contenant une charte de gris calibréede grande dynamique, par exemple celle proposée par Stouffer,une charte de 41 plages allant jusqu'à -13 EV par pas de 0,3 EV. Compter $53 (ou $125pour une charte certifiée), plus les frais de port : ce n'est pastrès cher, mais il faudra y ajouter une petite table lumineusebien homogène sur la totalité de la charte (3x23 cm), ce qui fera plus que doubler le budget si on n'a pas le talent nécessaire pourbricoler cette table à moindre coût. Bref, la facture commence à être un peu lourde s'il s'agit simplement de satisfaire une curiosité passagère.

Il est néanmoins possible de faire ce genre de mesure «enamateur», gratuite­ment... mais time is money, ça prendra enéchange pas mal de temps et de manipulations de fichiers. Laméthode a été décrite à plusieursreprises sur le web[1,2, et sans doute bien d'autres fois]. Elle consisteà photographier en mode manuel une feuille blanche ou grise, sous unéclairage constant, avec toute une série de poses allantd'une franche surexposition à la sous-exposition complète,afin d'obtenir des RVB allant de 255 à 0. On fera varier lesposes par pas de 1/3 EV en jouant soit sur le diaphragme de l'objectif,soit sur le temps de pose (donc en faisant confiance à la constructionde l'appareil ou de son objectif).

La feuille photographiée, l'appareil et le dispositifd'éclairage devront être solidement fixés afin que rienne bouge pendant tout le cycle de mesures. Pour vérifier quel'éclairage n'a pas varié dans le temps, on pourra refaireune pose de référence au début et à la fin desopérations afin de s'assurer de cette constance. Il faudra ensuite ouvrir chaque fichier dans Photoshop — ou tout autre logiciel qui rendra des services équivalents — et examiner une petite sélection dans l'image, toujours au mêmeendroit (afin de s'affranchir d'une possiblenon-homogénéité d'éclairage). La palette«histogramme» indique alors le niveau moyen de chacune descomposantes RVB et leur écart type, conduisant ainsi respectivement ausignal et au bruit.

Pour s'affranchir d'une texture éventuelle de la feuille photographiée(qui augmen­terait indûment le bruit), il conviendra de sedéfocaliser lors des prises de vue, afin que cette texture soir bienmoyennée par le flou de mise au point.

Cependant, ce sont les RVB bruts qu'on devrait utiliser quand on parle desperformances du capteur, ceux qui ont étédélivrés par ce capteur. Les RVB lus dans l'image sontdifférents ; ils ont subi plusieurs transformations, que ce soit dans l'appareil ou dans le logiciel de derawtisation :

Bref, je ne suis jamais arrivé à tirer grand chose decohérent de ces RVB finalisés et j'ai abandonné quandbien j'ai découvert le logiciel Rawnalyze et son accèsdirect aux RVB bruts. Pourtant, ce sont bien ces RVBfinalisés qui vont servir de base pour le travail sur l'image et ilserait bon (et logique) de faire le pont avec ces résultats bruts. Ce devrait pourtant être possible.

Rawnalyse a été abandonné après le décès de son auteur et il est maintenant remplacé par Raw Digger (logiciel libre gratuit)

Quelques résultats

La figure ci-dessous donne quelques courbes de signal et de bruit pourun Olympus E-30 et un Nikon D3, relevées à partir des verts bruts lus dans Rawnalyze :
courbes de signal et de bruit
Ces résultats sont intellectuellement très satisfaisants surdeux points

D'autres points sont moins clairs, comme le comportement du signal à très bas niveau, ou la pente sensiblement supérieure à 1/2 pour le bruit du D3 en signal fort. Ce dernier point est évoqué dans le site DxOmark sous le vocable pixel response non-uniformity (un bruit proportionnel au signal en haute lumière), mais je n'en sais pas plus.

Bizarreries à 100 ISO

Les études aux diverses sensiblités ont été menées de la manière suivante :

Si le gain de lecture du capteur doublait à chaque fois qu'on doubleles ISO, le signal mesuré devrait repasser par les mêmesvaleurs. Sur les deux appareils étudiés, c'est bien le casà partir de 200 ISO, mais pas à 100 ISO. La figure ci-dessous montre le cas du D3 : toutes les courbes «signal» sont bien superposées, sauf celle à 100 ISO (en bleu) qui est à 1 EV au dessus des autres.

On a le même comportement avec le E-30 pour le signal (mais la courbe de bruit ne se singularise pas autant). Il doit y avoir quelque partdans le fichier RAW un indicateur indiquant qu'il faut diviser ces RVB par2, mais cette information n'apparaît pas dans ce que dévoileRawnalyze. Ces bizarreries sont de toute évidence liées à l'affirmation technico-commerciale que la sensibilité nominale de ces capteurs est 200 ISO.

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