Synthèse additive
Les diverses couleurs s'obtiennent par addition des couleurs primaires RVB. Par exemple, avec des rouges, verts, bleus de même intensité :
Commencez par R=255, V=0 et B=0, c'est-à-dire un beau rouge. Ajoutez 255 de vert simplement en tapant V=255: vous obtenez un jaune pur. Ajoutez 255 de bleu (avec B=255) et vous avez le blanc pur.
Recommencez avec R=120, c'est-à-dire un rouge sombre (ou une sorte "brun rouge" si vous préférez ; le langage courant ne définit pas les couleurs avec beaucoup de précision). Ajoutez 120 de vert, puis 120 de bleu : on obtient d'abord un "jaune" sombre, une sorte de jaune-kaki sale, puis du gris
Expérimentez aussi d'autres combinaisons, en partant d'un vert pur ou d'un bleu pur.
Une observation fondamentale : les gris, qui vont du noir pur au blanc pur, s'obtiennent avec des valeurs égales pour le rouge, le vert et le bleu.
Teintes, saturation et luminosité
Les composantes RVB permettent donc de quantifier l'espace des couleurs, mais on ne peut guère dire qu'elles en fournissent une représentation très intuitive. Les notions de teinte, saturation et de luminosité correspondent à une approche beaucoup plus physiologique des couleurs.
Les couleurs sont plus ou moins lumineuses ou plus ou moins sombre: c'est la sensation de luminosité. A luminosité égale, les couleurs sont plus ou moins vives ou plus ou moins délavées : c'est la notion de saturation. Une couleur vive est une couleur bien saturée. A l'opposé, l'impression de couleur disparaît peu à peu quand on rajoute du blanc : la couleur est de moins en moins saturée. Reste enfin qu'à luminosité égale, les tons pleinement saturés peuvent être des rouges, des oranges, des jaunes, etc... Ce qui différencie ces tons entre eux est leur teinte.
Il reste à quantifier ces remarques de bon sens. Considérons une couleur quelconque, telle que ni R, ni V, ni B ne sont nuls ; par exemple R=120, V=80, B=200. Nous appelerons Max et Min la plus grande et la plus petite de ces trois composantes. La luminosité correspondra à la plus grande. En divisant par 255, on obtient un rapport qui varie de 0 à 1 (Photoshop préfère dire de 0% à 100%) :
Luminosité = Max / 255,
soit 200/255=78% dans notre exemple.
Notre couleur n'est pas complètement saturée car elle contient une part de gris, à savoir R=V=B=80. Le degré de saturation est le rapport
Saturation = (Max-Min) / Max,
soit (200-80)/200=60% dans notre exemple. La saturation varie ainsi de 0% pour les gris (lorsque Max=Min) à 100% lorsque l'une des trois primaires est nulle.
Dans notre exemple, si nous retirons le gris Min=80, nous obtenons R=80, V=0 et B=120, c'est-à-dire une couleur complètement saturée, mais sombre. Nous poussons cette couleur à sa luminosité maximum en multipliant les trois composantes par le rapport 255/120. Cela conduit à R=170, V=0, B=255, soit une teinte qui va se placer entre entre le bleu (0-0-255) et le magenta (255-0-255) sur le cercle chromatique.
La figure ci-contre montre comment on peut quantifier les teintes (mais je ne
garantis pas que Photoshop opère de cette façon !). On y voit
l'ensemble des couleurs à 100% de luminosité et de saturation. Comme ces
teintes sont habituellement réparties le long du cercle chromatique, on
gradue l'échelle des teintes en degrés, de 0 à 360. La figure montre
comment évoluent les trois composantes RBV pour ces différentes teintes.
Tons clairs, moyens, foncés
Plusieurs des réglages de l'image offrent d'agir séparément sur les tons clairs, les tons moyens et les tons foncés. Ces différents tons se différencient par leur luminosité :
Bien entendu, ces chiffres sont donnés à titre indicatif (je ne connais la cuisine interne de Photoshop). D'autre part, dans les réglages proposés, il n'y a probablement pas de frontière brutale entre les tons clairs et les tons moyens, ou entre les tons moyens et les tons foncés.
Réglage Teintes/Saturation
Nous venons d'esquisser comment on peut passer des trois composantes RBV aux trois composantes TSL (teinte, saturation, luminosité), mais on peut suivre le chemin inverse et passer des composantes TSL aux composantes RBV. On comprend alors comment fonctionne le réglage Teintes/Saturation :
Réglage des contrastes et des luminosités
Les réglages Niveaux et Luminosité/Contraste, ainsi que le réglage Courbes global (courbe RBV), agissent sur la luminosité des pixels sans toucher à leur saturation ou leur teinte.
Gamma inférieur à 1
L'image ci-dessous montre ce que devient un dégradé linéaire du blanc au noir quand on règle le gamma à 0.71 dans le réglage Niveaux (avec le curseur du milieu, sous l'histogramme), ou par un réglage Courbes équivalent (à droite de la figure). Le dégradé original est en haut et le dégradé modifié en bas.
Gamma supérieur à 1
On refait la même opération avec un gamme=1.41. Le dégradé original est en haut et le dégradé modifié en bas.
Réglage Contraste/Luminosité
Cette fois, on fait agir le réglage Contraste/Luminosité sur le dégradé linéaire, avec +50 pour le contraste et 0 pour la luminosité. La figure monter toujours le dégradé initial en haut et le dégradé modifié en bas. A droite, on voit le réglage Courbes qui conduit au même effet.
L'effet du réglage Luminosité est de décaler les deux points noir et blanc vers la droite (l'image s'assombrit) ou vers la gauche (l'image s'éclaircit).
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